« Aller à la messe »…

C’est dimanche !

On entend sonner toutes les cloches de l’église.


La famille se prépare pour aller à la messe. C’est alors qu’une petite voix venant du fond de sa chambre murmure :

« je n’ai pas envie d’aller à la messe ! »

Surpris, je ne réponds rien. Puis je finis par dire :
« Ah oui !… ça tombe bien, moi non plus. »

Encouragée par ce ralliement imprévu, la petite voix précise :«   Je ne veux pas aller à la messe. Et pourquoi aller à la messe, quand on a tellement de choses à faire ?  

C’est dimanche, on n’a pas école, on peut dormir, on peut prendre son temps pour le petit déjeuner, on peut jouer, on peut faire du sport, un footing, du vélo. On peut partir à la campagne ou à la montagne faire une randonnée. On peut lire. C’est important de lire et pas seulement des BD, tous les instituteurs le disent, il faut lire !

 Le dimanche, il y en a même qui travaillent, qui ouvrent leur magasin…

Et la messe, on connaît. C’est toujours pareil ou presque. Il n’y a pas de surprise, pas de spectacle nouveau. On connaît toutes les chansons. Les lectures on les a déjà entendues. Le prêtre, il parle et je ne comprends pas tout.

Et mes copains ne sont pas là, beaucoup n’y vont pas. »

Devant cette liste de raisons pour le moins convaincante, Il me vient alors une idée. Tout le monde sait qu’une histoire s’écoute plus facilement qu’une longue et savante argumentation.

« Ecoute, je vais te raconter une histoire.


Pour son anniversaire, Hugo a prévu une superbe fête.  Avec sa maman, il a tout préparé. Il a convoqué ses meilleurs copains par une carte d’invitation décorée perso.

Le jour de la fête est arrivé. Hugo tout sourire a mis son dernier teeshirt. Tout est prêt : gâteaux, boissons, jeux d’intérieur et d’extérieur.

Mais, à l’heure prévue, personne n’arrive.

« Ne t’inquiète pas, lui dit sa maman, quand on est invité il est normal d’arriver quelques minutes en retard. »

Oui, mais les minutes passent. Hugo se creuse la tête : qu’ai-je oublié ? Qu’ai-je mal fait ? Une heure passe, personne ! La table est mise, les gâteaux attendent comme le bouquet que maman a confectionné avec les fleurs du jardin.  Le temps passe et toujours personne. Hugo, triste, a le cœur gros.

« Ils ne viendront plus », dit-il à sa maman. Il est au bord des larmes. La nuit tombe.
Il ne comprend pas. Sa maman a beaucoup de mal à le consoler.
Hugo éclate en sanglots et pleure toutes les larmes de son corps.

 « Mes copains, mes meilleurs amis, aucun n’est venu ! » sanglote-il.

« Mais pourquoi ? Pourquoi, ne sont-ils pas
venus ? »

Ils n’avaient pas envie !
Ils avaient beaucoup d’autres choses à faire !

Aller à la messe c’est quoi ?

Rembrandt 1606 – 1669

Pour moi, aller à la messe,  c’est  rencontrer un ami qui m’attend.
Un ami qui se réjouit de m’accueillir !
Un ami, que dis-je un ami ? Mon meilleur Ami.
Le cœur de ma vie.

Celui qui nous aime tous, mais qui nous aime comme personne ne peut nous aimer.

         Un jour par semaine, le dimanche, pour une heure, nous arrêtons tout, pour lui donner notre temps, pour vivre un moment avec lui et pour le recevoir en nous.

Rien qu’une heure par semaine ? Pour le meilleur ami du monde

Si nous pouvions voir le regard qu’Il porte sur nous, c’est plus qu’une heure que nous lui donnerions. Nous passerions toute notre vie à ses pieds. Comme le font les moines, les prêtres, les religieuses et les religieux, et de nombreux fidèles.
Quand on n’a pas envie de rencontrer un tel ami, c’est qu’on ne l’aime pas assez. Si on ne l’aime pas assez, c’est qu’on ne le connaît pas vraiment.
Pour le connaître, il faut le fréquenter. Jésus, on le fréquente en lisant les Evangiles, en méditant sa parole, en priant. C’est ce que permet la messe.

 Jésus on peut le rencontrer partout, c’est vrai, mais nulle part comme à la messe.
La messe est l’occasion par excellence de Le rencontrer.

En rencontrant la communauté chrétienne réunie dans la louange et la prière.

En écoutant Sa parole en début de célébration.
En partageant Son Corps devenu Pain de Vie à la communion.
Cette dernière rencontre n’est possible qu’à la messe.
Prêtres et évêques nous donnent ainsi le bonheur de rencontrer le Seigneur Jésus à la messe et par la Communion. Merci à eux !

Par leur ministère, par l’action de l’Esprit Saint, le pain et le vin offerts deviennent Corps et Sang de Jésus.

Donnés, multipliés et partagés !

 La messe rend ainsi présent et efficace le Mystère de la foi.
Rassemblés en communautés de chrétiens, nous rappelons la mort de Jésus, nous célébrons Sa résurrection, nous attendons Son retour.
Il a réconcilié l’humanité avec Dieu.
Il a vaincu la mort. Il est vivant et nous partage Sa vie.
La messe est la source et le sommet de toute vie chrétienne.

À la suite des femmes et des hommes que Jésus a rencontrés dans les pages de l’Évangile, nous sommes tous des centurions, des Madeleine, des Zachée. Tous indignes de recevoir en nous ce Christ réellement présent dans le Pain de Vie.

« Aujourd’hui, je viens demeurer chez toi ! » dit-il à chacune et à chacun de nous comme Il l’a dit au pécheur Zachée. Il vient très humblement et se donne à nous dans un amour infini.

Une double question se pose à nous : « L’aimons-nous assez pour nous réjouir de le savoir en nous et en tous les autres qui communient à son Corps avec nous ? Pouvons-nous dire avec l’apôtre St Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » ?

 Par Lui, avec Lui, en Lui, toute gloire à Dieu le Père, unis dans l’Esprit

Aller à la messe : une rencontre privilégiée avec Celui qui nous regarde avec des yeux plein d’amour,
aller à la messe : une union au corps du Christ qui vient demeurer en nous.
aller à la messe : une rencontre avec tous les autres croyants nos frères et nos soeurs dans la foi !
aller à la messe : c’est louer Dieu, le remercier, le glorifier, lui dire qu’on l’aime.
un moment exceptionnel à ne pas manquer !

Alléluia !
« Je me hâte, je me réjouis d’aller à la messe ! »

Pâques 2020

André Braunstedter

                                                                                                                                                                

Le NAIN 1607 – 1677



                                                                 

Ceci est mon corps, ceci est mon sang !