Un Dieu qui aime trop

Dieu en fait trop! Dieu exagère!
Au-delà du sens commun, au-delà du gros bon sens, Dieu pardonne les rebuffades de son peuple.
Il s’investit totalement, comme pour sauver une brebis égarée qui ne fait pas le poids face au reste du troupeau.
Dieu ressemble à une maîtresse de maison qui a égaré une pièce importante de son patrimoine
familial : »Réjouissez-vous avec moi…. »
Dieu s’investit démesurément et célèbre bruyamment.
Il se comporte comme le père de famille qui fête le retour à la vie du fils perdu puis revenu à de meilleurs sentiments. Obsédé par le retour du fils rebelle, Dieu attend, espère, accueille, ne se prive surtout pas du bonheur de repousser les limites. Il ose transgresser les règles qui l’empêcheraient de passer outre les erreurs, les reculs, les fuites, les trahisons….
Son peuple au désert se ridiculise en adorant une idole en forme de bestiau?
Dieu revient aux promesses de terre et de relation transmises jadis aux patriarches (cf. Ex 32, 13-14).
Au souvenir de cet épisode chargé de tensions, les croyants peuvent dire avec le psaume :
Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Et l’Apôtre retrouve dans le Christ Jésus son Seigneur la miséricorde, vécue par Moïse ou dépeinte par Jésus dans son long récit au sujet du père qui aimait trop.
Ce portrait surchargé d’amour me donne la force (1 Tm1,12) avec la grâce abondante, la foi, l’amour du Christ Jésus venu dans le monde pour sauver les pécheurs (v.15)…
Dieu aime trop, et c’est tant mieux.

Père Alain Faucher extrait de la revue Magnificat