S’emparer de la vie éternelle

Les longs mois de pandémie nous ont plongés dans les mêmes difficultés et les mêmes espérances souvent trompées. Ce fut une expérience exceptionnelle, car chacun a vu des pans de sa vie paralysés.
Les problèmes ont été partagés par toute la collectivité, dans le même temps et avec les mêmes hantises. Cette solidarité manifeste tout le contraire de la situation dénoncée par le prophète Amos.
Quand quelqu’un se défile face à la détresse qu’il a sous les yeux, la Bible s’indigne.
Elle dénonce avec férocité les repus, indifférents aux souffrances de ceux qui les entourent. Ils profitent du système au détriment des personnes qui subissent les malheurs personnels ou collectifs.
Cette sécurité des repus est illusoire, car tout le monde risque d’être entraîné dans des gouffres sans fond.
L’idéal pour la Bible, c’est la connexion, la communion devant le désastre. Au contraire du laisser-faire, il faut participer et s’investir.
C’est une manière constructive de mener le bon combat de la foi pour s’emparer de la vie éternelle (cf 1 Tm 6,12). L’horizon de cet engagement dépasse le temps présent, comme l’atteste l’Evangile qui invite à rétablir la dignité de la personne qui est en souffrance.
Le pauvre mendiant a d’ailleurs un nom : Lazare, « Dieu se souvient ».
Le riche reste anonyme. Aux yeux de Jésus, il ne mérite même pas d’être nommé.
Son inconscience fait écho à la féroce description de la première lecture, où Amos dénonce les repus indifférents à la misère.

Père Alain Faucher extrait de la revue Magnificat