Logique de l’amour

L’Evangile de ce dimanche nous livre encore un bel exemple de la folle logique des adversaires de l’Evangile.
Il ne faut pas réfléchir longtemps pour comprendre que l’histoire de la femme aux sept maris n’a d’intérêt que pour une casuistique mortifère. Jésus ne se laisse pas prendre au piège, car il sait bien, lui, que la logique de Dieu n’est pas celle des hommes: elle n’est pas fondée sur des réflexions alambiquées de l’interprétation de la Loi mais sur l’amour des hommes et le désir de Dieu de les associer à sa vie divine. Ceux qui désirent suivre le Christ le savent bien: vivre en futur citoyen du royaume des Cieux, c’est vivre de l’Evangile dès ici-bas comme si tout avait changé, car tout a changé avec la résurrection du sauveur. C’est pourquoi l’Evangile est folie pour le monde présent dans la dynamique de la vie divine, ouvert aux rencontres, désireux d’annoncer à tous le mystère de cet appel au bonheur, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course.
La fidélité à l’Evangile ne tient donc pas seulement à nos propres forces humaines, mais à la puissance même de cette bonne nouvelle qui nous conduit dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ.
A l’approche de la fin d’année liturgique, que le Seigneur nous donne cette sage folie pour discerner la dérisoire logique de nos existences qui ignorent encore trop souvent l’amour de Dieu; qu’il nous aide à transformer ce monde pour qu’il devienne, par sa grâce, son royaume.

Père Sylvain Brison extrait de la revue Magnificat