Des socs et des faucilles

Devant les bâtiments des Nations Unies, à New York, une célèbre statue représente un homme en train de forger un soc à partir d’une épée, illustrant aux yeux du monde la prophétie d’Isaïe proclamée en ce premier dimanche de l’ Avent : De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles.
Quel oracle serait plus ajusté que celui-ci pour évoquer le royaume de paix que le Seigneur veut instaurer pour tous?
Si symbolique que soit cette statue, elle reste aussi un constant rappel: malgré nos bonnes intentions et nos efforts, nous ne parvenons pas, par nous-mêmes, à vivre en paix.
Mais, le temps de l’Avent nous précipite paradoxalement à la fin des temps, dans les derniers jours, quand la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts et que la loi sortira de Sion et de Jérusalem, la parole du Seigneur.
Dans cet entre-deux qui nous sépare du jour de Dieu, nous apprenons à vivre avec le Seigneur dans la fragilité de nos existences. Nous apprenons à nous laisser sauver du péché qui nous égare loin de lui et qui provoque tant de souffrance. Nous apprenons à vivre selon l’Evangile, pour être prêts lors de la venue du Fils de l’homme.
Dans cet entre-deux, nous sommes appelés à accueillir l’oeuvre de salut de Dieu dans nos vies pour ne plus apprendre la guerre, ne plus lever l’épée contre nos frères et apprendre les chemins du Seigneur.
Le temps de l’Avent ravive en nous ces dispositions intérieures pour que nos vies, transformées par la venue du Fils de Dieu en notre chair, soient les vrais signes du Royaume qui vient.

Père Sylvain Brison extrait de la revue Magnificat